Une catastrophe en mer …. et des polémiques
Wednesday, August 22nd, 2007Il ne s’agit plus d’un simple incident mais une nouvelle fois d’une catastrophe en mer puisqu’une fois de plus un marin est mort. Le naufrage du casseyeur Sokalique est possiblement du à une collision avec le vraquier Ocean Jasper, immatriculé aux îles Kiribati. Le suspens est tombé il y a quelques heures lorsqu’elles ont donné leur accord aux autorités françaises pour que l’enquête sur l’implication possible du navire dans le naufrage du caseyeur Sokalique puisse se poursuivre à Brest. Pourquoi pondérer ces propos quand le bateau suspect est tout trouvé me direz vous ? Et bien rappelez vous du Bugaled Breizh qui avait disparu au large des côtes anglaises avec à son bord 5 marins : après que la gendarmerie ait émis des doutes concernant un bateau philippin, les journalistes en ont fait leur choux gras en parlant de fuite volontaire et étaient là pour l’accueillir lors de son escale quelques jours plus tard en Inde (rappelez vous des gros plans sur les traces de peinture de la coque). Trois ans plus tard, la seule piste crédible reste celle du sous marin … le Seatle Trader a été disculpé depuis bien longtemps.
Dans cette nouvelle catastrophe, les médias ont joués leur rôle de charognards sans cervelle à la recherche de scoops explosifs ; les bretons voire même l’ensemble des français, qu’ils soient marins ou pas sont choqués : avant même que le BEAmer ou que le parquet aient publié leurs premières conclusions, les télévisons qualifiaient déjà l’accident de “meurtre” du à un commandant “sans réelles qualifications”. Et comme lors de chaque accident en mer, les journaux Ouest France et Télégramme ressortent les impressions du même gars, Michel Bougeard, capitaine au long cours et ancien commandant des câbliers de FT Marine : bravo la diversité d’opinions, pourtant dans une ville de marins comme Brest, il n’est pas difficile de trouver une diversité de témoignages et d’aller à la cellule COM de la préfecture maritime pour avoir un avis objectif.
Bref, toujours est-il qu’à chaque interview ce Michel Bougeard souligne la nécessité d’avoir des gardes-côtes français voire européens. Mais pour Charles Claden, les gardes-côtes français existent : “C’est juste une affaire de logo. Si l’on veut bien considérer les corps de métiers qui travaillent dans le domaine de la sécurité maritime (NDLR : Marine Nationale, CROSS, Douanes avec leurs avions Polmar, Sécurité civile, bénévoles de la SNSM), on peut les appeler gardes-côtes ou non, ils sont là [...] la seule vraie différence, c’est que les corps de gardes-côtes étrangers ont un budget unique qui leur permet de s’organiser dans la durée. C’est notre talon d’Achille [...] Mais notre système en lui même fonctionne bien”.
C’est aussi ce même personnage qui précise que pour le naufrage de l’Erika, “l’équipage de l’Erika est sauf mais quel gâchis ! Rien n’a fonctionné tant sur mer que sur terre.” - l’ensemble de son plaidoyer est disponible ici - Il est évident que tout n’est pas rose mais un dispositif existe et il permet d’éviter de nombreuses catastrophes dont les médias ne font pas écho. A la suite de l’Erika, Charles Claden (aux commandes de l’abeille au moment du naufrage) témoigne dans le livre d’Hervé Hamon (aussi à bord de l’abeille au moment du naufrage), Au bout de la remorque , comme une réponse aux personnes telles Michel Bougeard qui ne cherchent qu’à attirer les projecteurs d’une presse sans arrêt à la recherche de scoops et de phrases chocs, et cela au mépris de la réalité.


