Beau temps, belle mer, j’ai l’impression d’être en été. Effet grande marée, au loin, des silhouettes grattent frénétiquement le sable à la recherche de rigadelles. Les bambins s’amusent dans les rochers. Le soleil me caresse le visage, je ferme les yeux et me plonge dans un profond sommeil avec en fond sonore, le bruit des vagues qui s’éclatent sur le sable chaud.
La population de Guisseny se mobilise contre la création expérimentale d’un parc à ormeaux dans la région. Impossible de traverser le village sans apercevoir une pancarte “NON A L’ELEVAGE INTENSIF D’ORMEAUX AU VOUGOT A GUISSENY”. L’histoire n’est pas sans rappeler celle de la baie de Goulvenn et de son parc à huîtres de 38 hectares pour lequel les riverains s’étaient largement mobilisés en créant un buzZz à la fois par des pancartes dans les villages voisins, des manifestations, des articles de journaux et un site internet. Au final, ceci avait abouti à la fin du projet de création du parc. La différence ici, c’est bien l’absence d’informations sur le net. La cause me semble juste, je relais donc l’information en espérant que le buzZz sur le net débutera ici :
“POUR :
des plages propres pour les générations futures,
pour le maintien de marins pêcheurs professionnels,
l’intégrité des fonds marins,
les plaisanciers,
la pêche à pied,
les véliplanchistes et les kitesurfeurs,
le tourisme,
les randonneurs
CONTRE :
un foyer potentiel de maladies de l’ormeau non maîtrisable,
un risque de pollution des coquillages “naturels”
un nouveau risque de pollution à proximité d’une zone Natura 2000,
… avec son dernier livre, ça fait mal. Depuis la fameuse trilogie des fourmis, je considérais cet auteur comme une valeur sûre. Pendant les années sombres des classes préparatoires, ses intrigues policières dans un cadre si particulier, mêlant à la fois un microcosme des fourmis avec des personnages pour le moins loufoques et déjantés, ont été pour moi un échappatoire.
C’est quelques années plus tard que j’ai entamé la lecture du cycle des Thanatonautes : changement de décors mais toujours cette intrigue qui constitue le squelette du Roman. C’est à ce moment que le lecteur découvre Michel Pinson et son ami Raoul Razorbak qui tentent d’explorer le “continent ultime”. La conclusion du premier ouvrage du cycle présage une issue tragique pour le personnage principal … mais en sera-t-il vraiment ainsi ? Il faudra attendre 6 longues années pour le savoir. Le cycle des Thanatonautes se poursuit par le cycle des Dieux où Michel Pinsson qui devient “élève dieu” doit nous conduire à la signification des 8, des 9, etc … (chaque chiffre reflète alors « le stade de l’évolution de l’âme » dans la forme même des chiffres). Comme à chaque fois, l’auteur mêle astucieusement théories scientifiques (parfois contestables mais qui ne sont probablement pas remises en doute lorsque le lecteur est plongé dans l’intrique), théories religieuses, etc. et la fameuse intrigue policière. Il s’agit cette fois de déterminer qui est LE déicide qui élimine des candidats à l’école des Dieux.
Je commence à dévorer Le Mystère des Dieu au lendemain de sa sortie en librairies. Mais non, cette fois, ça cloche. L’écriture semble hésitante, voire poussive à certains moments. La déception est grande et j’hésite plusieurs fois à abandonner sa lecture. Plutôt que de suivre le tracé proposé par l’écrivain, le lecteur ne devrait-il pas plutôt laisser son imagination conclure ce fabuleux voyage ? Le choix est difficile mais je m’attends à une conclusion ….. à laquelle je ne peux pas m’attendre et je me décide donc à poursuivre la lecture : c’est un calvaire, il s’agit tout simplement une introspection de Werber. Ses énigmes ont disparues, la découverte de l’identité du Déicide est un flop complet (avait-il vraiment une vision à long terme lorsqu’il a créé ce personnage ? Clairement, NON !) mais le pire ……. arrive à la fin : le lecteur s’attend à un final grandiose mais l’auteur est parti loin, très loin, probablement trop loin pour lui. La conclusion (malheureusement prévisible une trentaine de pages afin la fin) est une simple reprise mal intégrée du Livre du Voyage. Pour ce livre qui devait achever à la fois le cycle des Thanatonautes et des Dieux, je m’attendais à mieux que ça Monsieur Werber. Vous vous êtes lamentablement croûtés aux limites de votre imagination. “A Dieu”.
Découverte Astropolis que je retrouve quelques mois plus tard sur la scène du Vauban à Brest. Le succès était déjà au rendez vous l’été dernier leurs de leur prestation à la Carène - le public à l’époque était certes timide mais il se réservait probablement pour les allemands de Digitalism -, il l’était d’autant plus ce soir de décembre.
Valeur sûre du hip hop/electro français, le son est propre et bien calé, la chanteuse toujours aussi charmante et l’harmonie entre flûte traversière, violoncelle et scratch toujours aussi surprenante. Seul défaut du à la configuration de la salle, la violoncelliste et la joueuse de flûte qui n’étaient pas mises en valeur.
Remix of the famous track “The sky was pink” by James Holden. Listen to the beauty and intensity of this track : this guy is a genius ^^ it’s for me one of the best tunes in world fucking awesome !
…but the original (The sky is pink by Nathan Fake) is probably better …. much better :
En 2001, six garçons qui n’avait pas ou peu d’expérience de la mer font la traversée l’Océan Atlantique dans les deux sens. En 2003, rebelotte ! Ils achetent un bateau, l’Elora (monocoque de 50 pieds) et cette fois, ils se décident à atteindre l’Everest des mers, le Cap Horn. Les six marins profitent de cette traversée inoubliable pour réaliser un documentaire qui raconte leur traversée de Tahiti au Cap-Horn. “Grâce à un regard très vrai, ce film nous plonge …… au cœur de l’action ! Joie, paysages sublimes et émerveillement : mais aussi doutes, inquiétudes, avaries, engueulades, tempêtes dans les 50èmes… la vraie vie sous forme d’un cocktail d’émotions et de sensations fortes.”
Lundi 29 octobre, rendez vous est pris devant la goélette l’Etoile, la copie conforme de la fameuse Belle Poule : ces goélettes type « Paimpolaise » qui jusqu’en 1935 faisaient la pêche à la morue sur les bancs de d’Islande sont basées à Brest et participent à la formation des officiers et officiers mariniers.A coté de cette mission principale de formation, les goélettes sont présentes dans les manifestations nautiques de la façade atlantique. La Marine nationale se devait donc d’envoyer une de ses plus belles vitrines pour le départ de la transat Jacques Vabre au Havre les 3 et 4 Novembre.
Une heure après avoir embarqué, les premiers mals en point sortent s’aérer sur le pont. La sortie du goulet de Brest est plutôt agitée, nous croisons au large l’Abeille. Nous sommes séparés en deux bordées (bâbordais/tribordais) et les premiers commencent leurs quarts (8h/12h, 12h/16h, 16h/20h, 20h/2h et 2h/8h). Le soir, nous faisons escale au port de Roscoff, pays du Pacha qui préférait ne pas écoeurer les passagers malades. Premier quart de “nuit” entre 6h et 8h , ce sont les relents de poisson de la criée d’en face qui me tiennent éveillés. 9 heures, nous tirons sur les aussières et hissons la grand-voile et la misaine une fois sortis du port. 9h30, je m’endors sur la banquette du carré passager qui me sert de couchage. Réveil à 11h, dehors la mer est encore assez agitée mais les pillules proposées aux mals en point semblent faire effet.Les paquets de mer s’écrassent contre la proue de la goélette alors que je suis au poste de veille, je kiffe ^^. Une petite sieste plus tard et je reprends mon quart à 23h jusqu’à 2h : j’y apprends le placement de points sur une carte à partir du GPS ou du compas en prenant comme repère des points fixes de la terre ; la barre au clair de lune et les dialogues étranges avec le chef de quart (”Gouverner au 15″, “Gouverner au 15″, “En route au 15″, “Bien”) ; la veille de nuit et l’apprentissage des distances minimales entre bâtiments (au large de La Hague, l’activité maritime est importante).Les jours suivants, la mer et le vent se calment (malheureusement). Nous alternons la navigation avec des moments détente/lustrage (je peux témoigner : ce sont désormais 12 spécialistes du Miror qui parcourent les coursives de l’EN).
Jeudi soir, nous arrivons au Havre, un jour avant le début de la course, le temps pour nous de nous reposer, de prendre une douche (un pur bonheur après 4 jours de mer sans !) et de visiter le village de la Transat.